Les lymphomes T périphériques (5 à 10 % de l’ensemble des lymphomes non hodgkiniens) appartiennent au groupe des lymphomes non hodgkiniens et plus particulièrement à celui des lymphoproliférations matures T/natural killer. Différentes entités de ces lymphomes sont décrites dans la classification 2008 de l’OMS avec des prévalences très variables. Leur diagnostic n’est pas toujours aisé et les mécanismes impliqués dans leur pathogenèse ne sont pas complètement élucidés. À l’exception du sous-type histologique lymphome anaplasique à grandes cellules ALK+, les lymphomes T périphériques se caractérisent par un pronostic sombre. Il semble primordial de définir de nouvelles stratégies thérapeutiques, qui pourraient être fondées sur l’administration de thérapies ciblées. Le développement de nouvelles techniques de séquençage à haut débit offre désormais la possibilité d’identifier des événements génétiques possiblement importants dans le développement des tumeurs. Ces analyses, appliquées aux échantillons tumoraux de lymphomes T périphériques, ont ainsi permis de détecter des anomalies moléculaires spécifiques de certains sous-types, qui pourraient être intégrées dans la future classification et constituer également de nouvelles cibles thérapeutiques. Cette revue a pour but de faire un état des lieux des connaissances actuelles sur les évènements moléculaires à l’origine des lymphomes T périphériques ou survenant pendant leur histoire naturelle. Elle comprend deux parties, l’une (publiée dans ce numéro) consacrée aux trois entités les plus fréquentes : le lymphome T angio-immunoblastique, le lymphome T périphérique non spécifié et le lymphome anaplasique à grandes cellules ; l’autre (à paraître dans le numéro de novembre 2015)1 portera sur des sous-types plus rares et de mauvais pronostic : le lymphome NK/T extra-ganglionnaire de type nasal, la leucémie/lymphome T de l’adulte HTLV1+ et le lymphome T associé à une entéropathie. Les lymphoproliférations T de présentation essentiellement leucémique (leucémie à cellules natural killer, leucémies à grands lymphocytes à grains, leucémie prolymphocytaire T), les lymphomes T primitifs cutanés (syndrome de Sézary, mycosis fungoïde) et les entités de lymphomes T périphériques dont la prévalence est inférieure à 5 % (lymphome T hépatosplénique, lymphome T sous-cutané de type panniculite) ne seront pas traités ici.