Nous analysons le poids d’une activité illégale de téléchargement ou de streaming sur l’activité commerciale de « vidéo à la demande », ainsi que le rôle de l’échantillonnage indirect dans l’établissement des stratégies tarifaires. À ce titre, nous considérons le cas des séries télévisées à épisodes multiples, dont l’adoption est définie de manière séquentielle. Nos résultats montrent que l’acteur marchand éprouve toujours un intérêt à intégrer l’échantillonnage indirect dans son modèle de tarification optimale. Néanmoins, cette stratégie peut parfois ne pas lui suffire pour tirer systématiquement parti de l’activité illégale, dans la mesure où son niveau de profit dépend directement de la combinaison de deux effets opposés (un effet « direct de piratage » et un effet « différentiel d’échantillonnage »). Les résultats de notre analyse du bien-être ne justifient pas quant à eux la mise en oeuvre de politiques publiques visant à évincer les acteurs hors-la-loi sur le seul argument de la préservation de l’intérêt social.