摘要
L’essoufflement est un symptôme invalidant chez les personnes atteintes de maladies pulmonaires chroniques comme la MPOC et la MPI, souvent persistant malgré un traitement pharmacologique optimal. Il limite la pratique de l’exercice, réduit l’efficacité de la réadaptation pulmonaire et dégrade la qualité de vie. Le modèle neurophysiologique postule que le découplage entre la commande respiratoire centrale et la réponse mécanique du système respiratoire cause ce symptôme, faisant du système nerveux central une cible thérapeutique potentielle. La thérapie par ventilateur dirigé vers le visage (F2F), intervention simple, peu coûteuse et non pharmacologique, consiste à souffler un flux d’air frais sur le visage et a émergé comme une méthode prometteuse pour soulager l’essoufflement à l’effort, bien que son mécanisme et son efficacité en exercice restent mal compris.Cette thèse visait à explorer les mécanismes neurophysiologiques et l’efficacité de la thérapie F2F pour soulager l’essoufflement chez des adultes atteints de maladies pulmonaires chroniques, particulièrement lors de l’exercice. Les études 1 et 2 étaient des revues exploratoires établissant une hypothèse mécanistique pour le soulagement via stimulation du nerf trijumeau induite par F2F. L’étude 1 a identifié 12 régions cérébrales impliquées dans la perception de l’essoufflement et sensibles à la stimulation trijéminale, suggérant des voies neuronales communes. L’étude 2 a montré une réduction du signal central de commande respiratoire après stimulation trijéminale chez animaux et humains, soutenant un mécanisme central.L’étude 3, essai contrôlé randomisé avec 32 participants MPOC ou MPI, a comparé trois conditions : F2F, ventilateur dirigé vers la jambe (F2L, contrôle actif) et sans ventilateur (NF, contrôle inactif). F2F a significativement réduit l’essoufflement à l’effort versus NF, surtout chez les participants avec essoufflement initial élevé. Ces effets sont survenus sans modification des paramètres physiologiques périphériques, renforçant l’hypothèse d’un mécanisme central. Un effet placebo ne peut être exclu car aucune différence significative n’a été observée entre F2F et F2L.L’étude 4, essai randomisé en groupes parallèles, a évalué l’effet de F2F combiné à un entraînement aérobie supervisé de 5 semaines chez 23 patients. Les groupes F2F et NF ont tous deux amélioré endurance et essoufflement lors d’un test post-entraînement. Cependant, le groupe F2F a rapporté une moindre sensation d’essoufflement lors des séances d’entraînement, tout en atteignant des volumes similaires à NF. Chez les patients MPOC, F2F a permis d’accumuler un volume d’entraînement significativement plus élevé avec moins d’essoufflement, suggérant une meilleure tolérance à l’effort.En résumé, cette thèse fournit des preuves inédites d’un mécanisme neurophysiologique de soulagement de l’essoufflement via stimulation du nerf trijumeau et démontre le potentiel clinique de la thérapie F2F, intervention simple, peu coûteuse, et à faible risque, pour atténuer l’essoufflement à l’effort et améliorer la réadaptation pulmonaire. Des recherches supplémentaires sur des cohortes plus larges et variées sont nécessaires pour confirmer ces résultats, définir le rôle thérapeutique de la F2F et faciliter son intégration aux recommandations cliniques